Le mot "amateur" recouvrent 2 notions quelque peu divergentes:
- celui qui aime ce qu'il pratique et qui le fait par goût. Il a généralement l'ambition de parfaire sa connaissance du domaine,
- celui qui par choix, par incapacité ou manque de volonté n'a pas accédé au statut de professionnel et fait donc de l'amateurisme.
Le choriste amateur n'échappe pas à ce tropisme ambivalent, oscillant d'un extrême à l'autre.
Dans ces conditions quels pourraient être le rôle des éventuels représentants envisagés ?
Des "représentants du choeur" qui vont:
- Veiller à la séparation ( voire la ghettoïsation) des choeurs amateurs et des chours professionnels. Chacun sait que les productions des chours amateurs n'ont quasiment pas de public hormis le cercle d'amis et de la famille et hormis quelques oeuvres emblématiques. Combien d'entre vous sont allés écouter un chour amateur cette année hors de ce cadre précis. Aucun ? et pourquoi ? parce qu'avec toutes ces répétitions vous n'avez pas le temps ! ben voyons... conclusion le public visé est restreint, invariant dans le temps et volontiers indulgent. .Je n'y vois aucun facteur de progrès ou d'émulation.Chacun sait également que ce n'est pas au contact des meilleurs que l'on trouve matière à s'améliorer...Le COP échappe à la règle car dans COP il y a OP et sans OP pas de COP.
- Dissocier également le chour de sa fonction choeur d'orchestre. J'imagine assez mal la programmation à 3 ans de l'Orchestre de Paris soumises aux aléas des choix artistiques d'une troupe (sans connotation péjorative) d'amateurs parce qu'il s'agit bien d'une troupe. - Maintenir le choeur dans un répertoire connu et confortable, ce qui n'autorisera la comparaison qu'avec des chour de même niveau ou si possible plus faible. Les chefs qui proposent des oeuvres difficiles à leurs choristes ne les considèrent pas comme ayant progressé et comme apte à les exécuter mais cherchent en fait à les ridiculiser !
- Éviter le répertoire contemporain ou le programme A capella trop révélateur des faiblesses d'un chour. Après tout, si les créateurs ont envie que leurs oeuvres soient jouées, ils n'ont qu'à refaire du Mozart bis. Et puis il y a les professionnels pour cela et ils sont payés pour se creuser la cervelle et l'oreille.
- Se substituer aux 2 chefs existants car 2 chefs ce n'est pas suffisant et ils ne savent vraiment pas ce qui est bon ou mauvais pour nous et ce qui peut nous amener à progresser. La preuve: ils dirigent également des chours bien meilleurs que le COP pour se consoler. Le choix des oeuvres se fera par vote à la majorité absolue peut être ?
En conclusion.
Il y a d'un côté 2 excellents chefs, les meilleurs qui puissent exister sur la France et personne ne dira le contraire. Si ils estiment que le choeur peut aborder des oeuvres difficiles, c'est qu'ils ont mesuré le risque et l'assument.
Il y a de l'autre côté et depuis une quinzaine d'années des amateurs de très bon niveau, qui ont écouté beaucoup de choses passionnantes, qui ont des années de pratiques et qui ont envie de se frotter à du répertoire moins facile ou de participer à des sessions avec des pros. Ils sont également près à assumer des risques en pleine confiance de leur chef.
Il y a enfin le choeur de Paris qui ne serait qu'un choeur amateur parmi tant d'autres, et sûrement pas le meilleur, s'il n'y avait l'orchestre et qui donc , à ce titre, dispose de moyens sans aucune commune mesure.
Dans choeur il y a tête et il ne doit y en avoir qu'une (à la rigueur 2). J'aime à me représenter le choeur comme un rayonnement intense autour d'une personnalité solaire.
Cette pratique requiert malheureusement que l'on consente à la notion de chef, et pas uniquement à la direction. La collégialité à 120 ne me semble pas envisageable.
Nos objectifs à tous ne sont pas les mêmes. Concernant le trentenaire du COP, si cela permet à de jeunes professionnels de se produire et d'acquérir de la notoriété je suis partant. Ma vie est surement plus facile que la leur. PS: je n'ai pas souvenir d'un club de foot de ligue 3 refusant d'honorer de sa présence un club de ligue 1 en finale de coupe de la ligue. Chacun fait au mieux de ses moyens et en fonction de ses capacités.