
Répétitions
Les répétitions de la troupe sont très régulières, et demandent un investissement important. Hebdomadaires, elles occupent les soirées du jeudi pour le chœur. De 20h30 à 22h30, conduites par le chef d’orchestre, ou par des chefs de pupître, elles permettent de déchiffrer et travailler la partition avant de commencer à aborder la mise en scène.
Des week-ends sont consacrés, une fois par mois, à des répétitions. Tantôt à Paris, tantôt en province, ils permettent de progresser considérablement. Généralement deux ou trois mois avant les représentations, le rythme s’intensifie quelque peu, et deux week-ends sont occupés. C’est à cette même période que l’orchestre, qui a travaillé la partition, rejoint les répétitions du chœur, pour permettre un travail d’ensemble. S’y greffe aussi la mise en scène, qui auparavant a fait l’objet d’exercices spécifiques.
Le rythme intense que la troupe s’impose est le garant d’un résultat probant. Les participants souvent terminent les week-ends bien fatigués par le labeur et la concentration, mais si la majeure partie de la journée est dédiée au travail, d’excellents moments restent également dans les mémoires; une remarque faite à l’issue des premières représentations de La Belle Hélène est souvent rappelée avec amusement, et demeure toujours d’actualité dans la troupe : - « superbe, bravo; mais vous avez dû tellement travailler !... » - « oh oui, Madame; mais, savez-vous, nous nous sommes également tellement amusés ! »
Toujours est-il qu’à l’issue de ces mois de travail, l’ensemble de la troupe est généralement bien fatiguée. Mais le plaisir de jouer transparaît sur la scène, et participe indubitablement au succès de la pièce.
Costumes
Dès la première année, les costumes ont fait l’objet d’une réalisation soignée, conduite par quelques fines aiguilles de la troupe. Conçus, dessinés, découpés, cousus par les membres d’Oya Kephale, ils sont autant l’œuvre de la troupe que la préparation musicale et théâtrale. L’on a régulièrement vu des soirées couture organisées au fil des semaines, auxquelles participaient d’ailleurs autant de ténors ou basses que de sopranes et altos - pour des tâches certes moins délicates pour certains ! Cette manière de préparer le spectacle permet de sentir acteur plus encore de sa réussite.
Au cours des opérettes, quelques couturières professionnelles ont parfois prêté la main, à titre bénévole.
Décors
A l’instar des costumes, les décors ont été le fruit de l’imagination et du travail de membres de la troupe. Les toiles, dessinées par d’habiles coups de crayons de quelques personnes d’Oya Kephale, ont admirablement habillé la scène pour les diverses opérettes. Combien d’yeux ont été ravis par la réussite de ces artistes, à qui l’on doit tant! De nombreux membres de la troupe, dans la mesure de leur disponibilité et de leurs compétences, ont consacré du temps, en plus des répétitions imposées pour le chant et la mise en scène, à la réalisation de ces décors. Des bonnes volontés, manquant de temps pour assumer le rythme des répétitions de chant, ont avec enthousiasme prêté main-forte.
Que de souvenirs ! Une nuit blanche passée entre deux journées de répétition pour terminer l’assemblage d’accessoires, des piles de pots de peinture stockées dans une baignoire en attendant un endroit plus adéquat, l’achat de 25 McDo dégustés dans le fond d’un hangar glacial, et tant d’autres moments qui ont intensément ponctué la préparation de ces opérettes !
Représentations
Les premières représentations ont eu lieu au théâtre Saint-Pierre de Neuilly. C’est donc là qu’ont pu se rendre les spectateurs de La Belle Hélène et de La Périchole. Toutefois, des travaux entrepris dans cette salle ont obligé la troupe à trouver un autre théâtre. En outre, les dernières soirées ayant été données à guichet fermé, une capacité d’accueil plus importante était la bienvenue. C’est ainsi que Les Brigands, puis Orphée aux Enfers, ont été données au théâtre de Charenton, outre un bref passage au théâtre de Fontainebleau pour une représentation des Brigands.
Les soirs de représentation sont l’occasion d’une véritable excitation dans les coulisses.Chacun tâche de retrouver le costume adéquat pour le premier acte, dans les 2 m² attribués à trois personnes. Durant ce temps, quelques anciennes ou amies de la troupe, s’appliquent au métier de maquilleuse, et viennent en aide à tous ces pauvres garçons qui doivent, bien malgré eux, être peinturlurés à outrance (quelle horreur que ces lundis matins, où l’on doit partir travailler sans avoir su effacer totalement ces traits de mascara !) Et vas-y que je te rajoute une épingle à nourrice pour tenir ta jupe. Et hop, un coup de brosse dans la perruque. La scène prend tournure également, tandis que l’on s’active pour disposer les accessoires et dérouler la toile. Certains également préfère jeter un dernier coup d’œil à leur texte, juste avant l’examen. L’activité sera plus intense encore entre les actes, puisque tout ce remue-ménage devra être effectué en quelque cinq minutes.Mais voici que l’orchestre, si indispensable et pourtant discret, entame les premières notes. L’excitation hantait également la fosse, mais une sérieuse attention suit la baguette du chef, et l’ouverture impose immédiatement le silence du public.
Derrière le rideau, la dernière touche est apportée à pas feutrés. Les instruments sont attentifs à la baguette du chef, et les spectateurs habitués ne peuvent s’y tromper : pas d’erreur, c’est bien Offenbach ; le style ne laisse aucun doute !...
Au terme d’une envolée de la partition, le chœur entame le premier air, à moins qu’un soliste n’ouvre le premier acte.
Simultanément, le rideau s’ouvre, et laisse apparaître la scène, généralement source de oh et de ah qui rassurant : le public est bien présent. L’angoisse fait très vite place à l’habitude du travail et à la joie de jouer. Alea jacta est...
Il est étrange pour les « novices », d’observer suivant les soirs les réactions du public. Amusement, attention, émotion, euphorie, émanent de la salle avec un dosage toujours différent, mais jamais indifférent. C’est vrai que l’ambiance parfois paraît froide, mais l’on comprend rapidement qu’un public discret n’en est pas moins ravi. Le dernier soir est tout à fait particulier, et chacun tâche de surpasser, sentant déjà poindre une nostalgie de la scène. Les six représentations, d’une intensité particulière, touchent à leur fin. Un public d’anciens est généralement présent, qui n’hésite pas à clamer ses encouragements !
Et voilà. Il ne reste plus qu’à remballer ses cliques et ses claques, à donner un coup de main pour débarrasser la scène et ranger les décors, avant de dire adieu aux loges. Inévitablement, l’excitation ne peut se calmer qu’au cours d’une soirée de clôture, à l’image des dernières semaines...
Choix des associations
Tous les ans sont choisies deux associations auxquelles seront reversés les bénéfices des représentations. Proposées par des membres de la troupe, un vote permet d’en décider, à l’issue d’une présentation rapide de chacune.
Depuis les premières opérettes, Oya Kephale a ainsi pu aider, grâce au public, diverses associations.