Concert du 13/11/2009 à 20H00
Présences
Maison de Radio France /Paris
Salle Olivier Messiaen
Programme :
Hommage à Frank Zappa (I)
Peter Eötvös : Seven, concerto pour violon et orchestre
IMA, pour douze solistes, choeur et orchestre (CF)
Frank Zappa : Dupree's Paradise
The Perfect Stranger
Interprètes :
Patricia Kopatchinskaja, violon
Pedro Amaral, synthétiseur
Philippe Dao, nouvelles technologies
Fuminori Tanada, piano et synthétiseur
Choeur de Radio France
Solistes du Choeur de Radio France
Orchestre Philharmonique de Radio France
Michel Tranchant, chef de choeur
Catherine Simonpietri, chef de choeur
Peter Eötvös, direction
THE PERFECT STRANGER (1984)
DUPREE'S PARADISE (1984)
Le 9 janvier 1984 au Théâtre de la Ville à Paris,
THE PERFECT STRANGER (1984) DUPREE'S PARADISE (1984) Le 9 janvier 1984 au Théâtre de la Ville à Paris, Pierre Boulez et son Ensemble Intercontemporain donnent en création mondiale trois oeuvres de Frank Zappa. Ce surprenant rapprochement entre la carpe et le lapin eut un retentissement certain dans les deux milieux concernés : les réactions des adorateurs du maître de l'Ircam se croisant avec celles des aficionados du rocker marteau sont à mettre au panthéon de l'incompréhension qui règne généralement à propos de ce genre de tentative.
La stature des deux protagonistes donnant toutefois à ce projet une ampleur hors du commun. Laissons Frank Zappa nous présenter les deux pièces jouées ce soir : «Cet album contient sept musiques de danse. Chacune, avec ses effets sonores rajoutés, raconte une histoire. Le style en est ridiculement démodé.
Dans The Perfect Stranger, un représentant de commerce fait du porte-à-porte, accompagné de son fidèle aspirateur industriel de type mutantgitan, et caracole de manière licencieuse avec une ménagère débraillée. Nous entendons la sonnette de la porte d'entrée. Les sourcils de la dame se lèvent tandis qu'elle aperçoit, à travers les rideaux défraîchis, le bout de l'appareil ménager.
Puis c'est le sac à poussière de démonstration qui est éparpillé sur le tapis, et on nous assène un assortiment de réflexions très exagérées concernant la valeur spirituelle du chrome, du caoutchouc, de l'électricité et du bon ordre domestique. Toute la transaction est observée à bonne distance par Patricia, la chienne, assise sur une chaise de bébé. Dupree's Paradise est un bar situé sur Avalon Boulevard à Watts.
Il est six heures du matin, un certain dimanche de 1964. La jam-session matinale est en cours. Pendant sept minutes environ, les habitués (ivrognes, musiciens, dégénérés et policiers) font justement les choses qui en font des marginaux.» Frank Zappa, compositeur et guitariste américain, est né à Baltimore (Maryland) et mort à Los Angeles. Bien qu'étant lui-même un marginal dans le monde du rock, il fait figure de mythe et son public est exclusivement formé d'inconditionnels absolus.
Il s'est fait connaître au sein de la formation Mothers of Invention dans les années 60 avant de mener des projets parallèles par la suite. Expérimentation et dérision sont les clefs de son oeuvre. Inventant et réinventant le jazz-rock en y amenant des influences hétéroclites improbables, Zappa, même si le grand public est passé à côté de la plupart de ses créations, fait partie du cercle fermé des créateurs qui ont marqué la musique du XXe siècle. FRANK ZAPPA 1940 - 1993 OEUVRES 13 NOVEMBRE 09 - 20h
SEVEN (2006) (MEMORIAL FOR THE COLUMBIA ASTRONAUTS) POUR VIOLON ET ORCHESTRE «La catastrophe de la navette spatiale Columbia, le 1er février 2003, fut un événement dramatique qui m'a beaucoup affecté. L'image d'un casque d'astronaute vide et intact qui faisait partie des débris trouvés au sol a symbolisé pour moi cette tragédie dans laquelle sept personnes ont trouvé la mort peu de temps avant le retour de la navette sur Terre. J'avais le projet d'écrire un concerto pour violon depuis longtemps.
Etant donné les événements tragiques de la 28e Space Shuttle Mission, j'ai repris cette idée ; le concerto pour violon comme dialogue entre soliste et orchestre me paraissait particulièrement approprié pour donner une forme musicale à la mémoire des astronautes tués. Chacun des sept astronautes a reçu sa cadence dédicatoire personnelle. La composition même reflète la représentation de leurs personnalités, par exemple par des réminiscences des cultures musicales de Kalpana Chawla, l'astronaute américaine née en Inde, et d'Ilan Ramon, le premier Israélien dans l'univers.
Le nombre 7 définit la structure musicale et rythmique de l'oeuvre, et décrit en même temps le principe fondamental de la composition : 49 musiciens sont divisés en 7 groupes. Outre le violon soliste, il y a 6 autres violons qui se dispersent dans la salle. Ils ressemblent à sept satellites ou âmes sonnant et planant dans l'espace. Le concerto pour violon Seven est un monologue très personnel et l'expression musicale de ma compassion pour les sept astronautes qui ont laissé leur vie pour l'exploration de l'univers et la concrétisation d'un rêve humain.
Peter EÖTVÖS IMA (2002) PRIÈRE POUR UN CONTINENT DISPARU IMA est le second volet d'un diptyque commencé avec Atlantis. La première oeuvre se concentrait sur la civilisation développée du huitième continent mystérieux qui fut détruit par un tremblement de terre. Avec IMA, Peter Eötvös s'en rapproche de nouveau, mais avec une autre perspective, à savoir d'un point de vue d'aujourd'hui.
Le choeur qui, selon le compositeur, «est identique à nous», regarde l'Atlantide disparue du haut du présent… Le mot hongrois IMA signifie «prière». Dans ce contexte, IMA non seulement commente la fin de l'île mais témoigne d'un nouveau départ. Utilisant une langue phonétique, Peter Eötvös adhère à l'hypothèse selon laquelle les habitants de l'Atlantide n'ont vraisemblablement pas communiqué entre eux sous une forme grammaticale logique, mais sous une forme magique animiste. Un chaos primitif devrait toucher tous les gens au fond de leurs âmes : IMA nous fait sentir les fondations de la civilisation humaine. PETER EÖTVÖS NÉ EN 1944 OEUVRES 13 NOVEMBRE 09 - 20h