Georg Friedrich Haendel
Dixit Dominus, Concerto grosso opus 6 n°10
Antonio Vivaldi
Domine ad adjuvandum me festina (double chœur), Laetatus sum
Dixit Dominus
C’est en 1707, à 22 ans à peine, que Haendel achève à Rome le Dixit Dominus, chef d'œuvre de ses motets romains.
A cette époque, tout compositeur se devait de passer quelques années de sa formation en Italie, patrie des arts. Architecture, langue, soleil, art de vivre, comme autant de pigments, coloraient les inspirations des artistes venus de toute l’Europe. Dans cette œuvre, le jeune Haendel, débordant d’enthousiasme, allie la science du sévère contrepoint allemand à la jubilation de son nouvel amour : le style italien. Un rare équilibre d’inspiration est atteint.
Techniquement, le Dixit Dominus requiert une haute virtuosité et de grands contrastes d’expressivité. Le Nisi Dominus fut écrit à la même période, il fait appel à la technique impressionnante du double chœur.
Concerto grosso opus 6 n°10
Oeuvre instrumentale en six mouvements très contrastés : Ouverture majestueuse à la française, Allegro illustrant le cours d’un fleuve tumultueux, Air sensuel, Allegro décrivant le vol d’une guêpe, Allegro dansant et mouvement final Allegro Moderato.
Parmi les plus réussies des pièces instrumentales de Haendel, le thème musical du dernier mouvement s’imprime dès la première écoute dans la mémoire de l’auditeur.
Georg Friedrich Haendel
Georg Friedrich Haendel naquit à Halle (Allemagne) en 1685, la même année que Johann Sebastian Bach et Domenico Scarlatti. En 1705, il interrompit ses études de droit pour gagner l'Italie (principalement Rome, mais aussi Naples et Florence), où il vécut jusqu'en 1710. Il y rencontra Arcangelo corelli, ainsi que Domenico et Alessandro Scarlatti. La gloire précoce qu'il obtint ne l'empêcha pas de regagner son Allemagne natale où il fut nommé en 1710 Maître de chapelle de l'Electeur à Hanovre. A la fin de l'année 1710, il quitta Hanovre pour Londres, ville qu'il ne quittera jamais plus. Le théátre fut au centre de son ontense activité musicale, et les opéras qu'il composa pendant trois décennies lui attirèrent une renommée immense. En 1726, il fut naturalisé anglais. En 1759, il mourut à Londres couvert de gloire et d'honneurs, et, selon sa volonté, fut enterré à Westminster Abbey.
Son oeuvre abondante comprend une quarantaine d'opéras, dont Giulio Cesare (1724) et Ariodante (1734), une trentaine d'oratorios dont Le Messie (1724), son chef-d'oeuvre absolu, et Solomn (1748), des psaumes italiens dont le Dixit Dominus et Nisi Dominus (1707), deux Te Deum, plusieurs dizaines d'Anthems, des cantates profanes. sa riche musique orchestrale comprend entre autres la célèbre Water Music, des concertos grosso, une vingtaine de concertos pour orgue, de nombreuses pièces de musique de chambre, et une vingtaine de suite pour clavecin.
Utilisant les langages des maîtres italiens (Corelli, Scarlatti), français (Lully), anglais (Purcell) et allemands (Buxtehude), Haendel les magnifie et en constitue une somptueuse mais parfois impersonnelle synthèse.
Maître de l'harmonie et du contrepoint, virtuose de l'orgue et du clavecin, ses compositions souvent enflammées furent à l'image de sa personnalité flamboyante et éclectique.
Au panthéon des compositeurs baroques allemands, il repose en bonne place aux côtés de Georg Philipp Telemann et du monumental Johann Sebastian Bach.
Antonio Vivaldi
Vénitien, fils d’un violoniste de la basilique Saint-Marc qui sera son premier professeur, Vivaldi est un musicien indépendant et original dont la vie cache encore bien des mystères. Ordonné prêtre en 1703, il obtient aussitôt, sous un prétexte assez incompréhensible, l’autorisation de ne pas dire la messe, sans toutefois quitter son état ecclésiastique. La couleur peu commune de ses cheveux lui vaudra le surnom de « Prêtre roux ». C’est également en 1703 qu’il devient professeur à l’Ospedale della Pietà, institution d’éducation pour jeunes filles pauvres ou abandonnées. Cet orphelinat était devenu un véritable conservatoire de musique. Nombre de ses jeunes pensionnaires accédèrent à des carrières de grandes cantatrices d’opéra et sa chapelle, qui donne sur le Grand Canal, était alors le lieu des concerts spirituels et des offices en musique les plus réputés de Venise. C’est pour l’Ospedale della Pietà que Vivaldi composa la plupart de ses concertos et œuvres religieuses dont le Gloria.
Vivaldi voyagera et deviendra connu bien au-delà de Venise par ses talents de violoniste et de compositeur de concertos. Quant à ses opéras, ils seront représentés sur les scènes de l’Europe entière.
Ce sont finalement 550 compositions instrumentales, 46 opéras, 40 œuvres religieuses et 30 oratorios que Vivaldi laissera à la postérité. Mais son œuvre tomba rapidement dans l’oubli et ce n’est que dans les années 1920 qu’elle sera redécouverte avec le succès que l’on sait, lors du versement de ses manuscrits à la bibliothèque nationale de Turin. Heureusement, si le nom de Vivaldi est immuablement attaché aux « Quatre Saisons », la fin du XXe siècle révèle (enfin !) le remarquable compositeur de musique sacrée qu’était le « pretre rosso ».